Misery Business

Misery Business est une forum RP inspiré par Air Gear. Dans un pays, bordé par la mer, cohabitent cinq villes aux traditions et aux croyances différentes. Pendulum en est la capitale, symbole de puissance, représentation de la folie des grandeurs de l'homme. Celle-ci s'étend des bas-fonds jusqu'aux limites du ciel, chaque classe sociale se partage une part. Mais parmi eux, se trouvent les gangs poussés à tous les excès. Entre mage, alchimiste, ou bien simple humain, il n'y a qu'une règle : être le meilleur.

“ Rappel à tous,
Le staff vous invite fortement à jetter un coup d'oeil sur ce topic : [#MAJ] qui est mit en annonce globale partout sur le forum. Il contient toutes les petites nouveautés et offres du forum, alors allez-y ! De plus,nous rappelons que les petites bonhonnes dans les ronds, juste au-dessus, sont les top-sites de MB. Alors votez mes petits ! 8D ”
14/01/12

“ Offre de la periode des fêtes. /!\
Pour tout les nouveaux venus sur le forum, nous offrons 15 points de réputation après validation de leur fiche ! Si ce n'est pas magique ça, comme noël.(Par exemple, encore 5 points et c'est une technique en plus, ou un rang supérieur. ~) [ #Système de réputation ]   [ #Boutique de point ]
28/12/11

“ Réouverture, enfin.
Après quelque litre de sueur provenant du staff (eurk e_e), MB peut enfin vous ouvrir ses portes. Tout beau, tout neuf, on espère pronfondément que ce dernier vous plaira plus que l'ancienne version. [ #Plus d'information ]
27/12/11




“ Misery Business, c'est pour bientôt !
L'attente aura été longue, quelques mois, mais après avoir trouvé le temps on revient enfin. Souriez un peu, le plus gros est fait.Il reste encore des détails à paufiner mais ça ne prendra pas beaucoup de temps. Avant Mercredi 28, promis ! ”
25/12/11

rumeurs ;









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Et ce gouffre qui pourrait presque t'engloutir encore [PV Luce]

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MessageSujet: Et ce gouffre qui pourrait presque t'engloutir encore [PV Luce] Sam 7 Jan - 21:15

BAM.

Une porte qui claque. Et voilà, il est parti. Katarina se penche par dessus sa pile de dossier. Il était trempé. Il a laissé une tâche humide sur le sol.Grimace.

Elle se laisse aller contre son dossier de chaise, jette un regard autour d'elle. Son bureau est petit, mais bien rangé. C'est pour ça qu'elle n'aime pas qu'on le salisse. Elle regarde par la fenêtre. Il pleut des cordes, le vent est fort et retourne tous les parapluies, fait voler tout les objets trop légers. Même sa fenêtre en tremble. Cette si grande fenêtre.
C'est bel et bien highsky. Même une personne peu gradée comme elle avait un bureau si lumineux.

Allons allons, pas le moment de glander. Jamais le moment de glander avec elle. Katarina se lève. On ne s'en rend même pas compte à vrai dire. Elle est trop petite pour que ça fasse une différence notable. Elle attrape vivement le dossier que vient de déposer l'homme trempé, et traverse son bureau pour aller le classer dans la bonne étagère.
Trop haut... Tout est toujours trop haut à highsky. De toute façon elle n'aime pas être ici. ça ne sert à rien un bureau d'autorité à highsky. Il n'y a pas de criminalité ici. Il parait qu'on voit tout. Elle, en général, elle ne voit que le dessus des nuages. Sauf aujourd'hui.
Bon. Qu'est ce qu'elle à fait de son marche-pied? Il est à sa place, bien rangé, comme d'habitude. Pas de surprise, que de l'organisation.
Ses étiquettes ? 1er tiroir du haut.
Ses stylos? porte-stylo.
Son courrier important ? dans le porte document, tiroir central.
Son arme? sur elle
Ses lunettes ? tiroir du bas.

Ses lunettes? Elle va les chercher. Ce sont des fines lunettes qu'elle met sur le bout de son nez pour lire. Elle vérifie rapidement le contenu du dossier en laissant couler les pages entre ses doigts. ça semble bon. Elle n'a pas besoin de vérifier plus, ce n'est pas son boulot, pas sa responsabilité, ce n'est pas sur elle que ça retombera.

Et voilà, il est classé. Katarina descend de son marche-pied, le remet à sa place, enlève ses lunettes, les essuies, les remets. Elle en a besoin pour lire encore un énième dossier. Une mèche de cheveux verts lui tombe devant les yeux. Sa main osseuse la repousse, irritée.

Et d'ailleurs il est où ce dossier ? Ses bras à le peau trop blanche soulèvent les piles de papiers, les une après les autres. Elle regarde la montre qui flotte autour de son poignet. 16h50?
Ses yeux lancent des éclairs. Ce dossier, c'est Feore qui doit l'apporter.

Bon, elle s'assoit. Elle n'a plus qu'a attendre. S'il vous plait, évitez qu'il y ai trop de retard.

Alors pour passer le temps, Katarina retourne à la fenêtre et regarde. Il n'y a pas grand chose à voir en fait. Elle regarde en bas, et jauge le vide vertigineux qui s'ouvre à quelques centimètres de ses pieds. L'eau semble happée par ce gouffre gris qui s'apparente à un impitoyable trou noir, aspirant tout pour une destination inconnue.
En bas, on ne distingue que quelques vagues lumières d'écrans publicitaires de GreenGrass. Et des parapluies volent presquent jusqu'a son bureau.
C'est une tempête.
Malgré elle, elle est impressionnée. En bas, les tempêtes n'ont pas cette repercussion. En bas, le vent, l'air n'arrive pas à descendre, les rues sont moites, malsaines, et les odeurs stagnent.L'atmosphère lourde.
Ici elle sent presque le vent passer à travers les jointures de la fenêtre.

On frappe. Un sursaut. Ses lunettes tombent.
"Entrez."
Elle ramasse la fine monture en maugréant.
Un regard sur la montre et il est moins de 5 heures. Pas de retard. Bien.

Katarina ne peut s'empêcher de regarder encore une fois le tourbillon infernal de l'extérieur. Vertigineux, comme si elle même pouvait en si peu de temps retomber aussi bas.

Elle lève la tête vers son interlocutrice, qui est plus grande qu'elle, malgré un certain nombre d'années en moins. Il parait qu'elle a été dans un gang. Katarina la regarde longuement, comme pour la sonder, avec des yeux vides d'expression.
Un gang ? Les autorités ? Disons qu'il suffirat de s'en méfier.

"Vous avez le dossier? " demande-t-elle. Sa voix est froide, mais en même temps elle l'est presque toujours. Pas de raison de faire plus de cadeau à certains. Pour peu qu'un ton aimable soit un cadeau.

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MessageSujet: Re: Et ce gouffre qui pourrait presque t'engloutir encore [PV Luce] Dim 8 Jan - 9:38

Elle avait foulée la moquette poussiéreuse et moutonneuse des bureaux d'un pas pressé, se faufilant discrètement entre chaque service pour atteindre le sien. L'heure de son arrivée commençait à devenir un lointain souvenir brumeux, se perdant dans les abîmes des feuilles de papiers entassées sur son bureau. La jeune fille avait déposé son café à la place habituelle, des cercles délavés couleur arabisa témoignant des litres déjà déversés dans son organisme. Un post-it collé sur l'écran qu'elle vira d'un geste de main las, le froissant pour le jeter. Elle étala les dossiers sur son bureau donnant l'illusion qu'elle travaillait durement. Tout s'enchaînait, inlassablement, rapidement, dans une foulée, un tour de main, un claquement de porte suivit de nouvelles. Bonnes ou mauvaises, elles vous tombent sur le coin du nez, du museau que dis-je, ne l'oublions pas, bétail oblige. Puis soudain les pas s'intensifient, alors effacés ils deviennent de plus en plus creux, la démarche ralentit à sa hauteur pendant qu'elle se raidissait, baissant la tête désespérement pour se faire oublier.

▬ «Luce. T'a le dossier pour Jones ?»

Long et douloureux sourire crispé mêlé à un regard ahuri, traduisant toute la surprise du monde. Lequel ? Pourquoi moi ? Pourquoi ? Mise au point. Jones est une femme de petite taille, chétive, enfantine. Elle n'a malheureusement que le physique d'une femme enfant et n'a prit que les attraits et non la philosophie ou bien le mental. Elle n'a rien d'adorable, d'attendrissant. La grâce d'un camionneur, la délicatesse d'un buffle, un regard de lama. Noir, fin, vicieux, sans émotions, seulement une couleur unie ne traduisant aucune forme d'intelligence, seul un trait de lumière traduit la vie dans ce corps. Elle exerce une autorité abusive, le rang de lieutenant semble la maintenir sur une sorte de piédestal duquel Lucrezia aimerait la faire descendre, avec la finesse la caractérisant. La méfiance. Car qui dit ancienne des gangs nous dit forcément ancienne ennemie. La jeune fille n'avouera jamais les pêchés qu'elle a commis durant sa période de perdition, le nombre de fenêtres cassées, de voitures brûlées, d'abris bus brisés, de lieux ou même de choses vandalisés, signés par sa griffe.

▬ «Quel dossier ?»
▬ «Le post-it sur ton bureau et va lui donner tout de suite ce que t'a fait.»

Elle doutait qu'elle apprécierait que le niveau de travail s'élève au niveau zéro. Pourtant elle se leva, buvant une gorgée de café, espérant ne pas la régurgiter une fois dans le bureau de sa supérieur. Et même si pouvoir salir son bureau en bois massif était une perspective lui arrachant étrangement un sourire espiègle, elle chassa rapidement ces idées, frappant au bureau. Une voix résonna, elle prit la poignet en main, ouvrant la porte d'une geste mécanique. Et puis commence un long sondage silencieux, elle la dévisagea, la jauge. L'absence de dossier entre ses doigts ne la perturbe-t-elle donc pas ? Fine observatrice donc, l'ironie est un bon moyen de relativiser. Il fallait avouer que depuis son arrivée datant de plusieurs mois maintenant, on l'avait assigné à un rang relativement administratif, sachant que ces qualifications se portaient sur le terrain. Les dossiers, les papiers, les enveloppes, jouer les rôles manquant dans les services. Elle était un peu la pièce invisible du scrabble, lorsqu'on la voit, on lui donne une identité, celle qu'on veut, qui nous arrange, pourvu qu'on marque des points. Elle était comparable à cette pauvre pièce vierge, elle était le joker. Et même si la jeune fille n'avait pas encore récurer les chiottes, elle sentait la tâche s'approchait à grand pas et craignait qu'on ne la prenne pour une stagiaire. Sur-exploitée mais sous-payée, voyez-vous le genre. À abattre le travail d'un cadre mais être payé autant qu'un enfant travaillant dans une usine de textile.

▬ «Alors. Je tiens juste à préciser que faire la secrétaire toute la journée n'est pas dans mes qualifications et que depuis cinq mois j'aurais dû être assigné pour aller sur le terrain et non me faire sur-exploitée pour une autorité abusive et expansionniste que je ne reconnais pas surtout pour porter le rôle du sacrificiel. Voilà je pense que j'ai été claire. Donc vos désirs ne résultent pas de mes capacités, merci de vous trouvez un autre larbin… surtout lorsqu'on voit mes fiches de paye.» Un petit sourire plat sur les lèvres, se servant de la gestuelle de ses mains pour appuyer ses dires. Supérieure ou non, terrible ou pas, du haut de ses dix-neuf ans, elle refusait de s'aplatir devant la toute puissante d'un godzilla miniature. À ses risques et périls.

▬ «Ah et donc, vous comprendrez que je n'ai pas votre dossier, accessoirement.» Sait-on jamais qu'elle espère encore. Lucrezia esquissa un sourire, espérant qu'il serait le digestif de son petit discours un peu lourd à avaler.

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MessageSujet: Re: Et ce gouffre qui pourrait presque t'engloutir encore [PV Luce] Dim 8 Jan - 14:29

Si une minute plus tôt Katarina se sentait perturbée par la tempête extérieure, à présent elle a retrouvé son assurance.
Non, bon. Pas de dossier. La jeune fille n'essaye même pas de se trouver une excuse. Est-ce bien ou est-ce mal? Assumer sa propre incompétence, c'est bien ou c'est mal?
Katarina écoute en entier le petit discours. Elle comprend bien que le dossier n'est là. Elle veut demander à la demoiselle de couper court à son discours syndicaliste, mais préfére la laisser tranquillement finir.
Et alors ? La pauvre fille joue à la secrétaire ? Que peut-elle y faire?
Le lieutenant laisse un long silence de plomb s'installer, regardant attentivement la demoiselle par dessus ses lunettes. Elle laissant volontairement ce silence s'éterniser.

Elle est doucement chatouillée par la tentation de dire à son interlocutrice qu'elle peut partir, la laissant dans une inconfortable incertitude. Laisser planer dans l'air une tension d'orage. Comme lorsqu'il fait chaud et que l'on attend avec avidité la pluie salvatrice qui réduira à néant la lourdeur de l'air. L'abandonner à son sort, dans l'angoisse, en attendant les conséquences. Ne pas lui laisser un seul indice sur ce qui va lui arriver.
Oui, ça la tente même terriblement. Elle en sourirait presque.

Mais non. Elle ne sourit pas.
"Je comprends, oui."

Elle se tourne vers son ordinateur et commence à taper. Non, elle ne la congédie pas. Ellle regarde fixement son écran à travers ses lunettes, tourne la tête et regarde ostensiblement la jeune fille quelques secondes, se remet à taper.
Elle a finit, elle imprime, prend une enveloppe, plie la feuille et la met dedans, marque "bureau supérieur" sur l'enveloppe.
Katarina tend le tout à la jeune femme.
"bureau supérieur" se contente-t-elle de déclarer pour que la demoiselle sache où emmener la lettre.

Ce qu'il y a sur cette lettre ? Le petit discours de la jeune fille.
« Ayant reçu des réclamations de la part d’une employée sur des sujets qui ne relèvent pas de mon autorité, je vous les adresse ici, en espérant que vous puissiez peut être y remédier, afin de lui permettre un travail plus efficace que celui qu’elle effectue en ce moment. »
Elle avait ensuite reporté à peu de choses près les paroles de Lucrezia Feore. Précisant ensuite le retard du dossier. Enchainant le tout avec les formules de politesses réglementaires.

" et vous reviendrez ici après " ajoute-t-elle alors que la jeune femme passe la porte.
Ce qui va se passer à présent, Katarina s’en fiche un peu. Soit l’autre sera obéissante et apportera gentiment la lettre la compromettant, soit elle l’ouvrira et la lira, puis la donnera, ou ne la donnera pas, car après tout, elle n’est surement pas assez bête pour ne pas se douter qu’elle est le sujet de cette lettre.
Une fois partit, katarina se lève et part chercher un ordinateur portable dans l’une des pièces dans lesquels ils sont en libre service. Le ramène dans son bureau, l’installe sur un coin de table, puis se remet devant son travail, lisant un énième dossier pour pouvoir le classer. Les dossiers, ça la barbe. Elle en a marre, mais c’est comme ça.
Maintenant, elle attend juste le retour de cette fille, pour lui demander de taper ce dossier ici, sous ses yeux, sur l’ordinateur qu’elle a été chercher.

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MessageSujet: Re: Et ce gouffre qui pourrait presque t'engloutir encore [PV Luce] Dim 29 Jan - 10:39

Lucrezia fit intérieurement la grimace en voyant sa supérieur taper sur son ordinateur, la laissant debout. Sadique. C'était une sadique. Et son seul bonheur devait être de voir les petits officiers courir dans les bureaux pour rapporter des lettres, et ramener des dossiers. En réalité la jeune femme était une sorte de pigeon voyageur. Valorisation de l'employée. Elle sortit rapidement du bureau, avant de se placer sous une lampe, fermant un œil pour voir le contenu. Le lieutenant Jones semblait oublier le progrès tel que internet. Mais avec un mail elle n'aurait pas pu faire ce malencontreux geste. Celui de renverser son café dessus. Luce poussa un râle agacé, c'était bien sa chance. Ça allait être compliqué d'expliquer à l'un des Commandants la présence de café sur cette lettre. Un regard à gauche. Un regard à droite. Broyeuse à papier droit devant. Ni vue ni connue je t'embrouille. Elle fut rassurée lorsqu'elle vit la lettre partir en petit morceaux, c'était une bonne chose de fait en soit. Elle essuya le café se trouvant sur son bureau avant de regarder sa montre. Elle tardait, elle traînait. Comme un gosse ne voulant pas aller à l'école, essayant de trouver milles et une excuses.


C'était le même schéma ou du moins le même principe. Luce était l'écolière et Jones l'école. Une sinistre école. Parce que cette femme était sinistre aux yeux de l'officier, bien trop autoritaire. Parfois elle avait envie de débarquer dans son bureau en faisant la chenille avec d'autres collègues, voir sa réaction. Elle n'esquisserait pas même un sourire et se contenterait de les prendre de haut. Mais le jour où Lucrezia monterait en grade, elle se le promettait. Elle n'aurait plus à l'écraser comme elle se complaisait à le faire. Et cette pensée fut agréablement illustré dans son esprit. Jones était un cloporte et elle était un lézard. Et même si dans la réalité les lézards ne mangeant pas de cloporte, ici c'était le cas. Elle s'essuya rapidement les mains pour effacer les traces de café, comme un meurtrier enlevant le sang de ses mains après le crime. Luce tapa à sa porte avant d'entrer, n'attendant pas vraiment qu'elle l'autorise. Parce que ce petit jeu que chaque gradés affectionnaient. Celui de vous faire attendre alors qu'en réalité ils en branlent pas une.


La jeune femme ouvrit doucement la porte, la refermant derrière elle. ▬ «J'ai apporté la lettre comme vous me l'aviez demandé.» Ou plutôt j'ai malencontreusement renversé mon café du matin dessus, la lettre fichu, je l'ai donné à manger à la broyeuse. C'était souvent classe de dire qu'on travaillait dans les Autorités, ça apportait une petite touche à la personne. Parce que les Autorités ne sont pas les gendarmes qui font la circulation, ils ne mettent pas de PV. Ils sont là pour protéger les civils et défendre des notions comme des principes qui leur paraissent être la vérité. Parce qu'à chacun sa notion de justice. Luce se mordit les lèvres en voyant l'ordinateur copié en coin. Elle avait un mauvais pressentiment. Elle regarda le lieutenant Jones, l'ordinateur, le lieutenant, l'ordinateur. Ah la salope. Voilà la première pensée qui vînt à l'esprit de la jeune femme. Elle allait lui faire taper son dossier. Elle en était sûr. C'était trop évident. C'était Jones en fait.


▬ «Quelle délicate attention, m'avoir apporté un ordinateur pour que je puisse taper ce dossier. Fallait pas.» Sourire crispé, elle s'assit, attachant furtivement ses cheveux. Quelques cliques ici et là avant qu'elle ne se mette à tapoter le clavier rapidement. Plus vite elle le ferait, plus vite ce charognard la lâchera. Il fallait parfois se plier aux règles et mettre sa fierté de côté pour savoir se soumettre. Non pas de manière humiliante. Juste respecter une hiérarchie dont certains abusés. Et une autre image apparut dans son esprit pour illustrer la situation. La mère qui travaille dans son bureau et ne pouvant faire garder sa fille elle l'occupe à côté d'elle. Décidément, elle enchaînait les scènes humiliantes. Une fois le dossier tapé, elle l'enregistra avec soin, au cas où le lieutenant s'amuse à retirer la prise, sait-on jamais.


▬ «Rapport et dossier tapés. Vous désirez autre chose Lieutenant Jones ?» Et elle le disait sans ironie pour une fois. Rare moment.

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MessageSujet: Re: Et ce gouffre qui pourrait presque t'engloutir encore [PV Luce] Sam 4 Fév - 16:19

Penchée sur un énième dossier, Katarina négligea de s’irriter du sarcasme de la jeune fille, et leva à peine les yeux pour lui répondre.
« Si vous avez compris pourquoi cet ordinateur est là c’est parfait. Mettez vous au travail. »
Et la jeune fille s’y met. Et pendant que chacune tape, classe, reformule, reclasse, corrige, synthétise, le temps passe et les minutes s’égrainent doucement, la symphonie informatique des touches pianotées emplit l’espace de crépitements de travail et le baigne d’un aura d’aliénation. La mélodie mécanique recouvrirait presque les sifflements sinistres des rafales de vent se brisant sur la structure anguleuse des tours. Presque. Pourtant, la tempête s’entête à faire trembler les vitres, à marteler continument les fenêtres de furieuses gouttes d’eau. Et parfois c’est un éclair qui fend le ciel en deux comme un coup de hache, projetant sur les murs une lumière si blanche et si agressive, que Katarina ne peut s’empêcher de voir les néons balafres des bas-fonds danser devant ses yeux. Perturbée par la violence extérieure, elle regarde son écran comme si elle voulait y entrer. Elle sait que dans son dos, des milliers de gouttes d’eaux sont précipitées vers Greengrass, aspirées vers le quartier vivant de Pendulum. Là elles s’écrasent sur les panneaux publicitaires aux couleurs aguichantes, qu’elles dévalent dans une course folle jusqu’au sol, où piétinées par des milliers de passant, elles sont englouties dans les égouts, qui les envoient compressées dans des tuyaux étroits et troués. De ces trous coulent de petits filets d’eau qui se disloquent au contact du béton, ruissellent dans les rues, entrainant avec eux saletés et maladies, se chargeant d’immondices, pour finalement disparaitre engloutis dans le grand Tout du lac souterrain.
Et Katarina frissonnait rien que d’y penser. Dans sa tête, des milliers de souvenirs et de peurs infantiles remontaient.
« Maman, le tonnerre c’est dangereux ? » « Pas ici Katy, pas ici. » « Mais sinon c’est dangereux ? » « Seulement si on a vraiment pas de chance. » « Mais nous on a pas de chance. » « Bien sûr que si, on a au moins celle-ci. »
Alors pour ne pas y penser, c’était un engloutissement toujours plus avancé dans le travail. Agrafer, formuler, ranger, expliquer, dégrafer, reformuler, réexpliquer…répondre au téléphone.
« Allo… en effet… oui, un peu de retard a été pris… non bien sûr… 1 heure ? Bien mon colonel… j-nous faisons au mieux… Bien sûr mon colonel. »Doucement, Katarina reposa le combiné. 1 heure, le colonel la croyait capable de boucler ce dossier une heure et demi avant l’échéance de base ? Dans le fond c’était normal. Elle l’avait déjà fait, parce qu’elle faisait toujours ce qu’on lui demandait, en temps et en heure, intransigeance oblige. Et personne n’avait jamais rien eu à redire à son travail.

Une tempête interne s’était levée dans son esprit, comme un écho à celle de l’extérieur. Le problème étant, pour ce dossier, tout était fait, sauf la partie qui était en train de se créer à moins d’un mètre de là, et tout ce qui pouvait venir après son intégration. Pour Katarina, la situation semblait ne présenter qu’une issue, qu’elle aurait préféré éviter. En désespoir de cause, condamnée à attendre longtemps que Feore finisse son dossier, elle relut une énième fois toutes les autres parties.
Profondément enchâssée dans une mélasse de travail et d’angoisse, c’est avec un sursaut qu’elle sortit de sa torpeur, lorsque la jeune fille vint lui dire que tout était fait. Vite, plus vite, bien plus vite que tout ce que Katarina avait pu espérer.
« Non merci, c’est parfait. Vous avez fait votre travail, je n’ai rien à vous demander de plus. Inutile de vous retarder encore plus. »
Combien elle savait à quel point il est dur de remplir ses obligations en temps qu’officier. Combien elle savait qu’un travail irréprochable était le seul à permettre de s’échapper. Si un raccourci avait existé, elle l’aurait pris depuis longtemps. Mais pour monter en grade il n’existait que le travail, la capacité à satisfaire les attentes des plus grands, de les impressionner si possible. Katarina en oubliait même d’être froide, aussi bien parce que tout son esprit était déjà tendu vers les finitions du dossier, que parce qu’elle n’avait effectivement rien à reprocher à Lucrezia.
« Quoique, fit-elle doucement après une hésitation, si vous réussissez à vous trouver deux minutes, montez au bureau supérieur et rapportez moi la lettre. Inutile de se presser, avec seulement « bureau supérieur » d’écrit dessus, elle à a peu près autant de chance d’être lue que les bas-fonds d’être réaménagés. »
Et ce n’était pas peu dire. Chaque quartier d’en bas était devenu insalubre bien avant sa naissance, et les égouts dysfonctionnaient depuis ce qui semblait être plus de quelques centaines d’années. Mais il n’y avait pas d’argent à dépenser à cet endroit, et le budget s’envolait plus volontiers dans les réaménagements toujours plus audacieux et aériens de Highsky.
Bref, dans la stricte organisation des autorités, une lettre aussi mal renseignée se perdait bien vite, et Katarina le savait. Elle avait pensé aller la récupérer en partant, le soir. Mais tant qu’a faire. Et peu être aussi parce que dans un coin de sa tête, elle se demandait si elle pourrait revoir la lettre ou non.
Elle reparti dans son travail plus tranquillement. Elle devait encore intégrer la partie manquante, faire une mise en page générale, faire une synthèse générale, imprimer le tout, aller le faire relier, faire le tour des bureaux du dessus pour récolter des signatures, et finalement le porter au colonel. Et tout cela était presque faisable dans ce qu’il lui restait de temps.

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